Tété était en concert le 27 mars pour entamer sa tournée et présenter son dernier album, Fauthentique. Un super moment en famille !
Une ombre gigantesque apparaît en fond scène et la silhouette se dandine. Introduction étonnante pour le chanteur qui pour son dernier album a décidé de revenir aux sources : du texte poétique et pertinent, engagé qui dit haut et fort ce qu’il pense de notre monde et de notre société.
Pourtant malgré cette entrée en matière grandiloquente, le spectacle va rester sombre. Sur scène ils ne sont que deux : Tété bien entendu, accompagné de sa guitare et Hugo à la basse… Tous deux soutenus par José qui vient régulièrement sur scène changer les guitares et arranger quelques problèmes techniques dont le chanteur saura se moquer pour dédramatiser.

Pas de percussions, que des samples… On pourrait être déçu, mais comme Tété le précise : « C’est vous notre orchestre imaginaire ! » Et on se prête au jeu : on frappe des mains, on chante. En fond, un écran s’anime pour illustrer les paroles du chanteur toujours avec tendresse et poésie. Une belle invitation à pénétrer dans son monde imaginaire et imagé.

Avec Tété en effet tout est léger et, même si les sujets sont sérieux, on essaye de garder cette nonchalance et cette insouciance qu’on rêve de retrouver. Le public a gardé son âme d’enfant… Beaucoup sont d’ailleurs venus avec leurs progénitures. Une ambiance familiale jusqu’au balcon où la famille du chanteur est venue le supporter.
Mais revenons au concert : Paris est enthousiaste et le fait savoir. C’est beaucoup d’affection et d’amour que le public envoie. Le chanteur n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour nous embarquer. En vrai chef d’orchestre, il incite tout le monde à le suivre et l’énergie circule agréablement dans la salle.
Il faut dire que la setlist y encourage.
Il attaque avec les titres du dernier album, Fauthentique, que tout le monde connaît déjà (King Simili, Tout doit disparaître, Week-end sans Wifi, Summertime Blues, Blédard Célestes, L’Eau qui dort…)
… Auxquels se mêlent ceux plus anciens mais incontournables que le public reprend en chœur : Air de Rien, Fils de Cham, Love Love Love, Le premier clair de l’Aube, Le Meilleur des Mondes, L’Envie et le Dédain, Pierrot Lunaire, Le Magicien, Madeleine Bas-de-laine, J’irai pas bosser ce matin… A la Faveur de l’Automne que tout le monde chante à tue tête comme un hymne.
On apprécié toujours autant ses solos de guitare blues, presque delta blues, qui nous plongent dans une rêverie lointaine ou nous prennent aux tripes. Il y aura de beaux moments de complicité avec son bassiste, Hugo. A chaque fois que Tété avance en devant de scène, on sent qu’il prend énormément de plaisir à jouer avec le public.
On aura droit à quelques blagues, quelques fous rires aussi lorsqu’il annonce qu’il y a trop d’énergie et qu’il faut reprendre le concert en main. Il propose une séance plus intimiste. « À poil » crie quelqu’un dans la salle. Tété répond : « Alors non les gars… Il y a mon fils dans la salle« … Puis s’adressant à son fiston qui le regarde depuis le balcon : « C’est rien mon chéri, c’est une blague entre le monsieur et moi. » Fou rire dans la salle qui peine à s’arrêter et tient Tété un bout de temps.

Le concert se terminera par un dernier moment intime : habitué à des salles plus petites, Tété descend pourtant dans la fosse et se met au centre de l’Elysée Montmartre qui ne cache pas sa joie. Finalement tout le monde s’assoie et c’est un moment magique. Dans un silence religieux, on se laisse bercer par la voix soul du chanteur et sa guitare, sans micro, qui viennent résonner dans les cœurs.
Pour ce début de tournée, Tété vise haut, et on lui souhaite d’atteindre les étoiles avec son dernier album Fauthentique. En tout cas, des étoiles, il en a mit dans tous les yeux lors de cette date à l’Elysée Montmartre.
